Quais de la Daurade :)

 

Il aurait mieux valu la débaptiser, quand on la reconstruisit au XVIII° siècle, la basilique Notre-Dame la Daurade, c'est-à-dire la Dorée ! Car l'or qui lui donna son nom n'est plus qu'un souvenir, et raconter son histoire est toujours un crève-coeur...

C'était, à l'origine, un décagone de quatorze mètres de diamètre, dont les murs étaient creusés, sur trois registres superposés, de niches séparées par des colonnes tour à tour cannelées, torsadées ou sculptées de rinceaux, terminées par des chapiteaux de marbre blanc. Temple d'Apollon édifié dès le IV° siècle, puis transformé en église, voire, au V°, en chapelle du palais des rois wisigoths de Toulouse ? Ou bien d'emblée, sanctuaire chrétien construit au V° ou au VI° à l'imitation de certains édifices religieux de l'Empire d'Orient ? La question n'est pas résolue. Toujours est-il qu'au VI° siècle le monument reçut une somptueuse décoration de mosaïque de verre coloré sur fond de feuille d'or, illustrant la vie de Marie et l'enfance du Christ. On a de la peine à imaginer aujourd'hui ses 66 personnages grandeur nature logés dans les niches, les fleurs et les oiseaux de Paradis ornant tout l'espace plan séparant celles-ci. Même les colonnes furent recouvertes de mosaïque. Il ne reste plus, pour se représenter cette splendeur, qu'une description rédigée en 1633, ainsi qu'une coupe et deux plans sommaires de l'édifice, dessinés en 1727. « Si ces mosaïques avaient été conservées, écrit Jean Rocacher, nous aurions à Toulouse un somptueux écho de l'art de Ravenne et de Rome... ».

Dès le XI° siècle, alors que la Daurade était devenue un prieuré bénédictin, on abattit trois côtés du décagone, pour en faire un choeur ouvrant sur une nef romane. En 1703, le vieux sanctuaire menaçant de s'écrouler, on démolit sa coupole. En 1759, la dégradation de l'ensemble est telle, qu'on décide de l'abattre en son entier (y compris la nef romane), ce qui entraînera aussi la démolition de la galerie nord du cloître construit par les Bénédictins aux XI° et XII° siècles. Dès 1761, les précieuses mosaïques d'or volent en éclat sous la pioche et le pic ... Il n'en restera rien.

En 1773 fut posée la première pierre de la Daurade actuelle, dessinée par Philippe Hardy. Elle fut consacrée en 1838 seulement, quatre ans après l'élévation, sur le quai, de la lourde et grandiloquente façade de Montreuil, qui, fort heureusement, attend toujours les deux énormes tours qui devaient la cantonner ...

 

Entre-temps, les bâtiments du monastère, désaffectés sous la Révolution, avaient été vendus à l'industriel Bernard Boyer-Fonfrède, qui y avait installé une filature de coton. En 1812, l'Etat décida d'y transférer la Manufacture des Tabacs, qui était au 5 rue de la Pomme. C'est alors qu'on acheva de démolir le cloître.
En 1892, l'Etat céda la Manufacture à la ville, qui y installa l'Ecole des Beaux-arts, logée jusque-là au couvent des Augustins, dans des bâtiments qui devaient être emportés par le percement de la rue de Metz. La nouvelle école fut inaugurée en 1895, après l'achèvement de la grande façade dessinée par Esquié, et qui, dans sa profusion de sculptures allégoriques, masque les beaux bâtiments élevés au XVII° et au XVIII° siècles par les Bénédictins autour du jardin de leur prieuré.
Jusqu'au XVIII°, la rive était occupée par des jardins qui  descendaient jusqu'au bord de l'eau. Ce sont les Etats de Languedoc, qui, à l'instigation du cardinal Loménie de Brienne, décidèrent de construire un quai. Les travaux de fondation commencèrent en 1766, et nul doute que furent engloutis dans le mur de soutènement bien des chapiteaux provenant de
la Daurade primitive, et bien des sculptures de monuments antiques ...

 

Devant la basilique, exactement à l'angle du quai et de la place, aboutissait le Pont-Neuf du XII° siècle.
Régulièrement emportées par les inondations, ses voûtes furent peu à peu remplacées par des tabliers de charpente, et au XV° siècle, pour éviter que la pluie ne les pourrisse, on recouvrit tout le pont d'une galerie de bois à toiture de tuiles. D'où son nom de « Pont couvert de la Daurade », avant de devenir le Pont-Vieux dès qu'on construisit le Pont-Neuf actuel. Il fut définitivement emporté en 1638.
La place de la Daurade fut longtemps fort modeste : entre l'abside de la basilique et la descente qui conduisait au port de Viviers, familier aux pêcheurs de la Garonne, qui y amarraient leurs barques.
C'était le marché aux neufs et aux volailles. Mais un pilori permettait d'exposer aux foules les voleurs. Le reste de la place actuelle était occupé par plusieurs îlots de maisons. Au carrefour de la rue Malbec et de la rue des Blanchers les Jésuites achetèrent vers 1592 la Capelle-Redonde, qui était la chapelle de la confrérie des pêcheurs. Ils édifièrent là les bâtiments de leur Noviciat, qui a conservé son beau portail à bossage.
En 1775, la Province acheta toutes les maisons de la rue de la Daurade, entre la place et la rue Peyrolières, afin de les faire reconstruire selon le programme grandiose commandé à l'architecte Joseph-Marie de Saget : dessiner toute la façade des quais et des places de la rive droite, jusqu'au Bazacle. Mais la Révolution approchait, et les moyens manquèrent pour mener à son terme toute l'entreprise. Seules furent achevées place de la Daurade, les maisons comprises entre la rue de la
Daurade et la rue de la Vache.
Dans l'ancienne rue de la Capelle-Redonde, c'est-à-dire au n° 8 de la place actuelle, naquit en 1755 le peintre Jean Suau, qui devait être l'un des maîtres d'Ingres. La rue toute proche qui porte aujourd'hui son nom, était jadis la rue Chaude. Afin de l'élargir, tout son côté pair a été reconstruit aux alentours de 1900. Juste avant un opulent immeuble Belle-Epoque, on peut y voir une magnifique maison Modern-Style, témoin d'un art hélas ! trop peu représenté à Toulouse, qui n'a pas eu, comme Barcelone, son Gaudi ni son Domènech ...

 

Le Port de Viviers, puis de la Daurade, perdit son activité nourricière avec l'ouverture du canal de Riquet. Les " garrabots " amarrés au bord du quai charriaient le sable et les galets de Garonne pour en faire des matériaux de construction. Ce furent ensuite des bateaux-lavoirs et maintenant une péniche-restaurant.

La place de la Daurade a été dégagée lors de la construction du quai en 1777.

 

De nos jours, quand le beau temps est présent, les quais et les berges de la Daurade sont un lieu de promenade, de rendez-vous, de repos, de jeux, de lectures, de musiques pour les nombreux touristes et toulousains.

Pour agrandir, il suffit de cliquer sur les photos :)

Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)

Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)

Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)

Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)

Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Place de la Daurade :) Place de la Daurade :)
Place de la Daurade :) Place de la Daurade :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :)
Les Quais de la Daurade ou de la Garonne :) Une rue se trouvant au-dessus des Quais de la Daurade :)
Les quais de la Daurade :) Les quais de la Daurade :)
Les quais de la Daurade :) Les quais de la Daurade :)
La Daurade :) Les Quais de la Daurade au début du siècle dernier :)
Les Quais de la Daurade au début du siècle dernier :)